Symptômes de longue durée post-covid 19,LES implications chez le spoRTIF


Presque deux ans après les premiers malades du SARS-COV2 ou covid 19, le virus est toujours au centre de notre quotidien, que ce soit par la vaccination, par les proches ou connaissances qui en sont malades ou encore par les débats plus « administratifs » autour du pass sanitaire ou Covid Safe Ticket et maintenant par cette quatrième vague. Par cette actualité, il nous semblait intéressant de faire un point sur les conséquences à long terme du covid 19 et de nous intéresser aux sportifs ayant subi ses effets.

Certains patients ayant souffert de la Covid 19 de façon faible, modérée ou sévère, gardent en effet des symptômes à long terme. Cette entité est parfois nommée « covid long » ou, « post-Covid 19 » en anglais selon l’OMS depuis début octobre.

Les patients ayant séjournés en soins intensifs gardent fréquemment des symptômes physiques et psychologiques prolongés.

Ceux qui n’ont pas nécessité d’hospitalisation sont 5 à 36% à garder des symptômes à 1 mois et 2 à 29% à souffrir de symptômes persistants après 3 mois [1] et ils seraient encore 1 sur 7 à 6 mois, la fréquence serait la plus élevée chez les patients de 35 à 69 ans [2]. Les données récoltées à ce propos sont récentes et toujours en cours d’évaluation et sont donc de qualité tout à fait modestes.

Les symptômes les plus fréquemment retrouvés à long terme sont de la fatigue, des troubles de l’odorat et du gout, des difficultés respiratoires avec parfois des sensations d’oppression thoracique, mais aussi, des douleurs musculaires et articulaires, des céphalées, de la toux sèche et des troubles de la mémoire [3], parfois aussi nommé « brouillard cérébral ». Une étude a aussi montré des cas de péricardite environ 20 jours après l’infection aiguë [4].



La Covid-19 peut encore tuer six mois après l'infection (futura-sciences.com)



Ces symptômes sont le plus souvent fluctuants dans le temps en intensité sans que l’évolution ne puisse se prévoir.

Ces symptômes sont très aspécifiques, et peuvent être tant la conséquence d’un covid de longue durée, que des complications liées à un covid aigu ou d’autres pathologies. Un bilan est donc nécessaire pour pouvoir être discriminant et comporte, outre une anamnèse et un examen clinique soigneux, une prise de sang, une évaluation respiratoire et cardiologique ou tout autre examen qui pourrait être utile en fonction de la symptomatologie [5]. Le covid long est diagnostiqué par exclusion d’autres pathologies.

Cette pathologie est en cours de découverte comme le début de l’épidémie est relativement récent. Les données à ce propos sont toujours en cours d’évaluation et les recommandations restent donc prudentes.

Concernant les sportifs, on retrouve ces mêmes symptômes mais qui peuvent parfois être mis en évidence de manière un peu différente. Ainsi, on peut noter une intolérance à l’effort qui n’est pas systématique. L’impression de moins bien récupérer de l’effort fourni est aussi mentionné. Certains notent des pulsations plus hautes que la normale, au repos ou/et à l’effort. Ou des paramètres qui varient en fonction des jours, alors que l’effort est constant.


Peu d’études sont disponibles à propos du covid long et de l’activité physique. Un bilan complet soigneux afin d’exclure toute pathologie cardiaque ou pulmonaire est nécessaire afin que l’activité physique se fasse dans de bonnes conditions et sans risque pour la santé du sportif. Ces pathologies peuvent, à nouveau, être des effets du covid et d’autres pathologies contractées post-covid. Par ailleurs, la reprise de l’activité physique semble devoir se faire comme toutes les autres activités physiques quotidiennes : en fonction des symptômes du moment et de l’état de forme. Un plan d’entrainement sera donc difficile à suivre, surtout si les activités de la vie journalière sont déjà un effort. Si l’état de forme laisse envisager la possibilité de l’activité physique, celui-ci devra être modéré[6]. Certaines études montrent même que l’exercice physique pourrait être délétère dans certains cas [7]. Mais il a aussi été démontré que l’activité physique pouvait booster l’immunité tant au niveau de la pathologie aiguë que la forme longue de la maladie [8].

Il reste donc beaucoup d’interrogations tant sur la pathologie en elle-même que sur sa durée et ses conséquences. La prise en charge reste symptomatique, idéalement par une équipe pluridisciplinaire. L’état de forme du patient reste le meilleur baromètre pour les activités du jour. Il est à noter que la vaccination semble avoir un effet positif sur les symptômes du « post-covid 19 »[9].

[1]https://kce.fgov.be/fr/quelle-est-la-pr%C3%A9valence-du-covid-de-longue-dur%C3%A9e, consulté le 29/09/21

[2]Besoins et suivi des patients atteints de COVID long - KCE (fgov.be), consulté le 10/11/21

[3] Revue Prescrire 2021, 41 (453), page 516.

[4]Pericarditis after SARS-CoV-2 Infection: Another Pebble in the Mosaic of Long COVID? Carubbi F & al in Viruses, 2021 oct. 13(10) : 1997

[5]https://www.nice.org.uk/guidance/ng188/resources/covid19-rapid-guideline-managing-the-longterm-effects-of-covid19-pdf-66142028400325, pages 14-15, consulté le 29/09/21

[6] Post covid 19 syndrom and the potential benefits of exercise, Jimena-Almazan & al in Int J Environ Res in Public Health, 2021 may 17 ; 18 (10):5329

[7] Humility and acceptance : working within our limits with long covid and myalgic encephalomyelitis/chronic fatigue syndrome, Décary & al in J Orthop Sports Phys Ther, 2021, may 51(5), 197-200

[8]Acute exercise increases immune responses to SARS CoV-2 in a previously infected man. Forrest L Baker & al in Brain Behav Immun Health, 2021 Dec; 18 : 100343.

[9] Risk factors and disease profile of post-vaccination SARS-CoV-2 infection in UK users of the COVID Symptom Study app: a prospective, community-based, nested, case-control study. Antonelli M & al in The Lancet Infect Dis. 2021 sep, online.




184 vues1 commentaire

Posts récents

Voir tout